Red Eye peine à convaincre avec sa seconde saison, multipliant les maladresses et déceptions qui contrastent fortement avec les attentes suscitées par le premier volet. Le thriller, dont la première saison avait su installer une tension palpable à bord d’un avion, se perd ici dans une intrigue confuse et peu engageante. Alors que le cœur du récit reposait sur une course contre la montre en altitude, la saison 2 délaisse trop rapidement ce décor étouffant pour s’aventurer dans des méandres politiques terre-à-terre. Ce changement de cap dessert la dynamique de la série en diluant l’ampleur dramatique et en alourdissant la narration.
Par ailleurs, la disparition remarquée du personnage principal de la première saison, Matthew Nolan, incarné par Richard Armitage, modifie profondément la portée émotionnelle de cette suite. Son successeur peine à incarner le rôle central, rendant difficile l’identification du public à travers une distribution aux prises avec des dialogues artificiels et une exposition souvent maladroite. Cette Saison 2, par son enchevêtrement narratif et son rythme inégal, soulève la question de la pertinence même d’un second embarquement dans cette franchise qui reste globalement ancrée dans des codes classiques du thriller sans apporter d’éléments vraiment nouveaux.
En bref :
- Intrigue dispersée et perte d’intensité par rapport à la première saison.
- Décor de l’avion beaucoup moins exploité, réduisant la tension inhérente au concept initial.
- Manque de personnages forts et de développement émotionnel, avec l’absence notable de Richard Armitage.
- Multiples effets narratifs maladroits qui alourdissent le visionnage.
- Des scènes d’action sporadiques mais insuffisantes pour relancer l’intérêt.
- Un thriller qui se regarde sans déplaisir mais qui ne laisse aucun souvenir marquant.
Une ambiance étouffante aux abonnés absents : une occasion manquée pour un thriller haletant
La première saison de Red Eye avait intelligemment tiré parti d’un cadre unique, celui d’un avion en plein vol, en y insufflant une tension palpable et un suspense palpable, presque tangible pour les spectateurs. L’espace confiné et l’urgence inhérente à ce type de décor faisaient de chaque épisode un véritable casse-tête émotionnel. Cette atmosphère claustrophobe était le premier pilier de l’attraction de la série, enveloppant le public dans un huis-clos étouffant où chaque seconde comptait.
Malheureusement, cette ambiance est quasi-inexistante dans la seconde saison. La majeure partie de l’action se déroule désormais au sol, principalement dans et autour de l’ambassade américaine et à l’aéroport d’Heathrow. Un décor certes plus vaste mais moins propice à la montée de la tension et de l’effroi inhérent au genre thriller. Par exemple, l’intrigue tourne autour d’une infiltration dans les couloirs sécurisés de l’ambassade, évoquant un stratagème d’espionnage pour le moins banal. Le décor plus ouvert, loin de renforcer l’intensité, vient diluer la pression dramatique.
On regrette notamment que la menace directe et immédiate du vol en danger soit reléguée à un récit secondaire, illustré par le vol transportant le secrétaire britannique à la Défense. Celui-ci, bien que porteur d’un suspense de type « l’avion ne peut pas descendre », ne parvient pas à instiller la même adrénaline qu’un huis clos aérien. Malgré cette tentative d’instaurer une tension à la manière du film « Speed », l’exécution manque cruellement de rythme. Les scènes où l’on suit Madeline Delaney dans ses appels téléphoniques interminables à tenter de désamorcer la crise accumulent une lourdeur qui finit par ennuyer le spectateur.
Ce choix scénaristique a été un échec majeur pour la narration, qui sacrifie l’originalité du vol – le fil rouge de la série – au profit d’une intrigue plus terre-à-terre, politique et redondante. Le contraste est d’autant plus frappant que la première saison dévoilait une mécanique bien huilée entre action et suspense. Il en ressort un certain gâchis alors que les créateurs auraient pu maximiser le potentiel du contexte aérien qui faisait l’intérêt du thriller.

Changement de protagoniste et perte d’ancrage émotionnel : quand le personnage phare disparaît
La disparition du protagoniste phare de la première saison, Matthew Nolan, interprété par Richard Armitage, marque un tournant décisif qui affaiblit grandement la portée dramatique de cette Saison 2 de Red Eye. Le rôle du héros se retrouve confié à Martin Compston incarnant Brody, le chef de la sécurité régionale de l’ambassade américaine. Ce changement n’est pas simplement un remplacement de visage, mais un bouleversement dans la dynamique narrative et affective de la série.
Dans la première saison, l’intrigue parvenait à captiver en plaçant au cœur du récit un innocent pris dans les rets d’une conspiration géopolitique hors de sa portée, créant une identification forte du public à travers ce personnage vulnérable et humain. Or, cette saison 2 choisit d’explorer un univers plus militarisé et institutionnel, débarrassé de cet atout émotionnel crucial. Brody et les autres protagonistes manquent cruellement d’épaisseur et apparaissent souvent comme de simples vecteurs d’exposition, expliquant maladroitement chaque étape sans véritable naturel. La mécanique de complot devient opaque, et le spectateur perd ce relais humain si nécessaire pour se sentir impliqué.
Le passé flou de Brody et sa relation à Hana Li, reprise du personnage de DS jouée par Jing Lusi, sont à peine esquissés, créant une toile de fond peu convaincante qui n’aide pas à lier les faits dans une continuité cohésive. Les dialogues regorgent d’exposition ridicule, comme ce passage où on explique la présence de Brody dans la trame, sans que cela n’apporte un réel développement psychologique ou narratif.
Le manque de personnages forts et attachants nuit à l’immersion dans cette intrigue déjà fragile. Quant à l’absence de Richard Armitage, elle se fait cruellement sentir. Son charisme et son rôle de catalyseur de l’intrigue étaient des piliers qui faisaient de la première saison une expérience engageante, même avec ses défauts. Sans cet appui, la série s’embourbe dans des rebondissements moins inspirés et moins impactants.
Un scénario surchargé et des dialogues maladroits qui plombent la tension
Une des plus grandes faiblesses de cette saison 2 de Red Eye réside dans le scénario lui-même. Ce dernier souffre d’une surcharge d’éléments souvent introduits sans fluidité, imposant un rythme erratique et un sentiment de confusion grandissante. L’intrigue, qui oscille entre une enquête à l’ambassade et une menace aérienne, peine à trouver un équilibre, entraînant des épisodes parfois longs et peu captivants où le suspense s’effrite.
Le traitement des dialogues ne favorise pas l’authenticité recherchée dans un thriller rythmé. Chaque scène semble prévoir de livrer trop d’informations d’un coup, au détriment de la subtile montée de la tension. Au lieu de laisser planer le mystère, le script préfère des expositions continues, avec des personnages qui répètent inlassablement leurs plans et motivations au public. Ce procédé simpliste nuit à l’immersion, rendant l’ensemble difficile à prendre au sérieux.
Cette mauvaise écriture s’accompagne aussi d’un développement maladroit des antagonistes, dont les motivations restent floues et peu convaincantes. Le complot, impliquant un assassin infiltré à l’ambassade, se révèle rapidement peu crédible, surtout avec l’astuce limite qui consiste à passer un objet métallique dans la poche d’un autre pour contourner la sécurité à un détecteur. Ce manque de réalisme enlève tout poids à l’intrigue, plongeant le spectateur dans une suspension d’incrédulité mal maîtrisée.
Cependant, quelques moments d’action vibrants parviennent à rehausser l’intérêt, principalement grâce à la performance convaincante de Jing Lusi. Son interprétation ajoute une touche d’énergie bienvenue dans un ensemble par ailleurs tiède. Mais ces rares séquences ne suffisent pas à redonner vie à une succession d’épisodes sans relief et peu innovants.

Les scènes d’action et le suspense : intermittents mais insuffisants face à une intrigue décevante
Bien que la série conserve certains éléments classiques du thriller, tels que les scènes d’action et les retournements de situation, ces moments restent trop isolés et dispersés pour compenser le manque d’une intrigue solide et bien construite. L’escalade de la tension est inégale, souvent relancée artificiellement par des fusillades ou affrontements qui peinent à s’ancrer dans une progression narrative naturelle.
Dans la première saison, ces moments étaient intimement liés à l’environnement confiné d’un vol sous haute tension, augmentant ainsi l’impact dramatique. Ici, les scènes d’action apparaissent plus comme des parenthèses dans une narration qui manque de souffle. Elles échouent à installer un véritable rythme ou une peur palpable, ce qui était pourtant l’essence d’un thriller réussi.
Aussi, la tension dramatique générée par le danger immédiat du vol du secrétaire britannique à bord de l’avion – rappelant le concept du film « Speed » – ne décolle jamais vraiment. La contrainte imposée d’un avion ne pouvant ni changer de cap ni descendre ne provoque pas l’angoisse escomptée, figée par un traitement trop statique et une réalisation manquant de souffle.
Malgré cela, certains bons éléments persistent, notamment dans l’exploration des failles des services de sécurité britanniques à travers le personnage de Madeline Delaney. Sa trajectoire critique la capacité limitée de ces agences, un sujet qui pourrait être développé avec plus d’acuité dans une éventuelle autre production. Mais ici, ce constat est noyé sous la lourdeur scénaristique et une mise en scène trop contemplative, freinant l’immersion et l’intensité.
De multiples critiques sur la production et l’accueil mitigé : une réception en demi-teinte enfin assumée
La réception public et critique de la saison 2 de Red Eye est un parfait reflet des failles de la série. Les avis disponibles sur des plateformes comme AlloCiné ou SensCritique témoignent d’une grande déception, pointant une œuvre manquant d’originalité, plombée par un scénario surchargé et des personnages peu travaillés.
Les critiques sur IMDb soulignent aussi un problème récurrent : le manque de lien réel avec la première saison, rendant cette suite dispensable, voire incohérente. Le départ de Richard Armitage reste une fracture difficile à combler pour beaucoup. La série peine à créer un suspense vraiment captivant, se contentant de reprises d’archétypes classiques du genre thriller.
Loin de sortir des sentiers battus, la saison 2 se contente souvent d’appliquer la recette standard, à l’image d’autres séries du genre disponibles à la même période. On peut même oser une comparaison avec d’autres critiques récentes comme celles publiées sur Run Away ou encore Fallout Saison 2, qui réussissent mieux à exploiter leur univers respectif et à maintenir une tension soutenue.
Au final, cette Saison 2 de Red Eye s’apparente davantage à un vol sans destination claire, où l’ennui rivalise avec l’indifférence, dans une production manquant d’aspérités et de souffle indispensable pour un thriller digne de ce nom.




