La saison 2 de Cross débarque sur Prime Video sans révolutionner le genre, mais en maintenant un niveau de qualité notable. Cette nouvelle salve d’épisodes confirme la régularité d’un thriller policier qui sait rester efficace à défaut d’être innovant. Porté par la performance remarquable d’Aldis Hodge, le personnage principal conserve son aura, ajoutant une profondeur bienvenue à une série qui maîtrise bien son suspense sans pour autant briser les codes habituels du genre.
Les adaptations des romans de James Patterson restent souvent un pari incertain, mais cette suite fait preuve d’une solidité qui plaira aux fans de la première heure. En 2025, alors que la concurrence sur les plateformes de streaming ne cesse de s’intensifier, Cross s’impose comme une option fiable pour les amateurs de séries policières classiques, notamment grâce à des thématiques ancrées dans des enjeux sociétaux contemporains. Entre intrigue complexe et tension maîtrisée, cette saison 2 ne déçoit pas, même si elle ne surprend guère.
En bref :
- Une intrigue bien calibrée qui reprend les ingrédients de la saison 1, renforçant la cohérence de la série.
- Aldis Hodge confirme son talent en incarnant un héros aussi charismatique que crédible.
- Des thèmes actuels, notamment l’immigration et le trafic humain, donnent un relief supplémentaire au scénario.
- Une mise en scène sobre qui privilégie le suspense sans exagérer les effets spectaculaires.
- Une évolution intéressante du personnage de Kayla Craig, ajoutant plus de nuances à la dynamique policière.
Une intrigue qui reste fidèle aux fondamentaux du thriller policier
La saison 2 de Cross opte pour une continuité narrative qui séduira les habitués, en ajoutant une nouvelle couche d’intrigue autour d’une série de meurtres ciblant des milliardaires américains. Cette approche, à la fois classique et efficace, permet de tenir le spectateur en haleine grâce à une montée progressive du suspense. L’introduction de Luz, une assassin énigmatique jouée par Jeanine Mason, apporte une dose de mystère autour de ses motivations, même si celles-ci restent prévisibles.
L’alternance entre le travail d’enquête du FBI autour de Kayla Craig et d’Alex Cross et les actes violents de Luz crée un rythme soutenu. Ce mode narratif dualiste est un ingrédient éprouvé qui fonctionne bien dans ce contexte, où chaque révélation avance l’histoire tout en construisant la tension.
Une autre force de la série réside dans sa capacité à glisser, sans lourdeur, des références à des problématiques contemporaines telles que la pandémie de Covid-19 ou les manifestations Black Lives Matter. Cette contextualisation apporte du réalisme à une fiction qui aurait pu sombrer dans le convenu et rappelle que le thriller peut s’inspirer du monde réel pour renforcer son impact narratif.
Enfin, la série évite avec intelligence l’écueil du manichéisme trop grossier. Parmi les antagonistes, Luz incarne une sorte de « méchant » crédible, dont les raisons ne sont pas simplement dictées par la soif de pouvoir ou la psychologie dérangée, mais aussi par un fond d’idéologie contestataire. Ce parti pris enrichit le récit, même si certains spectateurs pourraient trouver le développement un peu attendu.

Aldis Hodge, un atout décisif pour l’ambiance et le charisme de la série
Le cœur battant de Cross reste sans contexte la performance d’Aldis Hodge, dont l’interprétation d’Alex Cross séduit à nouveau par sa sobriété et son intensité. L’acteur parvient à dégager une aura à la fois puissante et humaine, rendant son protagoniste aussi accessible qu’admirable.
En jouant un héros confronté à ses démons intérieurs – notamment la culpabilité et la paranoïa issues des méfaits de la saison précédente –, Hodge ajoute une couche émotionnelle qui évite à la série de tomber dans une mécanique trop froide ou mécanique. Sa prestation est un vrai ciment pour l’ensemble, soulevant les scènes avec naturel et imposant un rythme fluide qui tient en haleine du début à la fin.
L’aisance avec laquelle il compose ce personnage crédible et complexe rappelle pourquoi il fait partie des acteurs les plus prometteurs de cette décennie. Le contraste qu’il instaure entre la rudesse de ses missions et la fragilité personnelle qu’il laisse entrevoir constitue l’une des réussites majeures de cette seconde saison. Son duo avec Alona Tal, incarnant Kayla Craig, insuffle également une nouvelle dynamique intéressante. Kayla, féminisée par rapport au livre, apporte fraîcheur et modernité au récit, notamment dans la gestion des conflits professionnels.
Cet équilibre actoral a un impact direct sur la réception de la série, positionnant Cross comme une alternative fiable aux autres thrillers disponibles sur Prime Video, à l’instar de The Big Fake ou même des séries américaines plus exigeantes. Ici, l’objectif est moins d’émerveiller que de satisfaire les attentes de spectateurs à la recherche d’un divertissement intelligent, ce qui est pleinement réussi.
Le suspense et les enjeux de la saison 2 de Cross
Le suspense demeure le moteur principal de cette deuxième saison. La progression de l’enquête installe peu à peu un climat d’inquiétude palpable, chaque épisode livrant sa dose de révélations et de rebondissements. La façon dont sont orchestrées les confrontations entre les protagonistes et le danger présentés par Luz impose un rythme régulier qui évite les longueurs et pousse à enchaîner les épisodes.
Le choix d’ancrer une grande partie de l’intrigue dans des enjeux très contemporains — notamment l’immigration et le trafic humain — donne une épaisseur supplémentaire à cette fiction. Cette orientation thématique, intégrée avec finesse, permet d’éviter que le suspense ne repose uniquement sur l’action. Au contraire, la série invite à réfléchir aux motivations profondes de ses personnages, sans jamais prendre clairement position sur les débats soulevés.
De plus, le face-à-face entre Alex Cross et Luz offre une confrontation d’idéaux qui dynamise les échanges. Luz est loin d’être un simple antagoniste mécanique ; c’est une figure complexe dont le parcours personnel et les convictions mènent à des décisions radicales. Cette subtilité dans l’écriture vaut à Cross une place intéressante dans la niche des thrillers policier offrant une confrontation morale.
Par ailleurs, la mise en avant de John Sampson, interprété par Isaiah Mustafa, permet d’étoffer l’univers et de montrer d’autres facettes de l’entourage du héros. Sa propre enquête et ses dilemmes personnels apportent un contrepoint bienvenue, même si son arc reste parfois éloigné de la trame principale. Cela renforce toutefois la crédibilité de la série en développant plusieurs niveaux de lecture autour des liens d’amitié et des enjeux professionnels.
Des choix narratifs qui divisent mais assurent une continuité qualitative
Si la continuité reste l’une des forces de cette saison 2, certains choix narratifs ont pu surprendre, notamment l’atténuation de la présence d’autres personnages clés comme Elle, dont le rôle se réduit ici à une gestion domestique plus traditionnelle. Ce recul peut s’avérer frustrant pour qui espérait un approfondissement de sa relation avec Cross, d’autant que les tensions personnelles étaient un point fort de la saison précédente.
Cependant, cette décision permet à la série de concentrer son attention sur l’essentiel, priorisant la tension de l’enquête et la complexité des protagonistes policiers. Kayla Craig bénéficie ainsi d’un développement plus poussé, bien qu’une part importante de ses intrigues personnelles ne soit pas entièrement développée, laissant une part d’ombre au personnage.
Ces choix peuvent sembler conservateurs, voire limitatifs, notamment pour les spectateurs en quête de renouvellement poussé. Mais ils garantissent une stabilité narrative dans un marché où beaucoup de séries ont tendance à s’éparpiller ou à perdre en cohérence en saison 2. Cross cultive ainsi une certaine forme de classicisme, préférant une structure solide à des expérimentations risquées.
Pour offrir un éclairage plus large sur les bonnes pratiques du thriller contemporain, on peut se tourner vers des séries qui jouent davantage sur la surprise ou encore l’immersion dans des univers plus audacieux. Néanmoins, pour les amateurs d’un bon équilibre entre intrigue et suspense, Cross demeure un choix pertinent.

La place de Cross dans l’offre Prime Video en 2025
En 2025, Prime Video diversifie son catalogue en misant sur des séries de genre efficaces, qui séduisent un public large et familial, notamment des pères de famille recherchant un divertissement maîtrisé. Dans ce contexte, Cross s’inscrit parfaitement dans cette stratégie, aux côtés de succès comme Percy Jackson ou d’autres thrillers bien ancrés.
Cette fidélité qualitative rassure un public exigeant qui, bien que connaissant les schémas narratifs classiques, attend un contenu sérieux et bien interprété. Le succès de la plateforme dans ce segment repose aussi sur la présence d’acteurs charismatiques comme Aldis Hodge, capables de s’imposer face à une concurrence croissante.
L’avantage de cette série est sa capacité à rester un divertissement accessible, mêlant des enjeux sociétaux intelligemment intégrés, sans jamais devenir pesante ou militante. Cette neutralité narrative, bien dosée, fait de Cross une œuvre qui saurait parfaitement accompagner une soirée intense devant sa télévision sans obliger à une réflexion lourde.
En parallèle, des œuvres plus audacieuses sur le plan thématique ou stylistique, comme certains titres exclusifs ou des adaptations plus ambitieuses, viennent compléter l’offre, offrant ainsi à l’abonné un panel complet pour satisfaire toutes les envies. Pour découvrir des approches variées du genre, il est intéressant de consulter des critiques spécialisées comme celle de Frightmare 1981, qui met en lumière des choix artistiques contrastés autour du thriller.



